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LGV : apprendre à respecter les territoires...

Les futures lignes à grande vitesse suscitent interrogations et craintes parfaitement justifiées dans les territoires susceptibles d’être impactées par les tracés Tours-Bordeaux puis en direction de l’Espagne et Bordeaux-Toulouse. Bien-sûr que les réseaux à grande vitesse, d’un point de vue écologique, ont conduit à limiter le nombre de véhicules sur les autoroutes et d’aéronefs dans le paysage des vols domestiques. Ce constat n’est pas contestable, toutes les études le démontrent en effet et on ne peut plus se battre comme le fit au 19ème siècle le maréchal ferrant contre les premières locomotives à vapeur.

 

Chacun est ravi aujourd’hui de se rendre à Paris en trois heures et peut se réjouir de s’y rendre demain en deux heures et au-delà en Europe grâce aux futurs maillages internationaux, à condition cependant que les lignes passent chez le voisin…

S’agissant de la ligne de Paris vers Toulouse, tout le débat fut de savoir s’il fallait fixer le sillon par le massif central, géographiquement le plus direct, ou vers le carrefour bordelais.

 

Par l’Auvergne, c’était prés de 700 kilomètres de voies à créer alors que par la capitale aquitaine, c’était un peu plus de 200 environ. La raison de l’impact économique a semblé aussi déterminante.

Il faut se rendre à l’évidence, Toulouse tête de carrefour des lignes à grande vitesse venant de Paris et de l’Europe du nord en direction du grand est sud-européen vers l’Italie, les Balkans et l’Europe Centrale constitue à l’évidence une forme de «marginalisation bordelaise» au profit de son éternelle rivale et voisine.

 

Toulouse a bénéficié il y a quelques décennies de l’impact aéronautique qui fit sa grandeur, Bordeaux a son tour, pourrait bénéficier d’un impact ferroviaire en devenant le carrefour incontournable du grand sud, vers la péninsule ibérique et le sud-est européen par Toulouse et Marseille.

 

Tout cela peut faire débat et nourrir le dossier et chacun peut avoir son point de vue, mais rien ne doit se faire par les technocrates parisiens contre les terroirs et les acteurs locaux, avec mépris et «condescendance jacobine» comme ce fut souvent le cas. D’ailleurs, les débats publics semblaient «bien pipés» et il faudra bien désormais grandir dans l’approche des grands dossiers d’infrastructures par des comportements citoyens qui consistent, en amont de l’établissement des «couloirs potentiels» d’associer élus, responsables locaux et tous les acteurs de la vie de notre ruralité au lieu d’imposer des tracés et d’alimenter de faux débats en aval des projets.

 

Rien doit se faire sans le consensus le plus large possible, sans le débat décomplexé en amont, sans l’écoute des élus et le respect des collectivités susceptibles d’être affectées. Cela semble peu de choses mais c’est bien l’essentiel. C’est un comportement citoyen et responsable applicable à chacun d’entre nous. C’est respecter tous les acteurs, simplement.

 

Philippe Estrade

Adjoint au maire de La Brède

 

  

   

 

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